Mes éditeurs en quelques questions


Paresse
Il est rare de voir des auteurs pleinement satisfaits de leur relation avec leur éditeur...

Incompréhensions, exploitation, absence de considération mutuelle... attention, couple fragile.
Et pourtant, de bons éditeurs, ça existe, et des relations intelligentes, aussi.
Découvrez en quelques questions, une maison d'éditions pas comme les autres,
où la transparence,
la collaboration et le respect réciproque sont les principes directeurs.


 

Quel âge a ta maison d’édition, et quel est le volume de son catalogue (nombre de livres parus et auteurs publiés) ?

 

EHJ fêtera ses 3 ans fin août. Le temps file ! :)

Nous approchons des 100 titres publiés de A à Z depuis nos débuts, pour une cinquantaine d’auteurs à ce jour.


Quelle est sa ligne éditoriale ?

 

Pour que ma réponse soit exhaustive, autant utiliser la page de notre site qui répond dans le détail à cette question : http://www.editionshelenejacob.com/notre-ligne-editoriale/


Vous revendiquez une véritable philosophie d’éditeurs : écologique, éthique, structurelle... Peux-tu nous en dire plus ?

 

Parce que nous sommes auteurs et que j’ai moi-même pu tester l’édition « classique » pour une collection de guides pratiques chez Albin Michel sous mon nom propre, nous avons dès le début commencé par faire la liste de tout ce que nous ne voulions surtout pas pour notre propre maison :

 

une impression papier à l’ancienne, coûteuse et anti-écologique,

des droits d’auteur misérables

la reproduction d’un modèle qui tourne le dos à l’avenir.

 

À partir de là, nous avons peu à peu dessiné les grandes lignes de ce que deviendrait EHJ :

 

une maison ancrée dans le numérique et les nouveaux modes de diffusion,

une impression papier à la demande,

un vrai partenariat avec nos auteurs, incluant des droits d’auteur respectueux de leur travail et une réelle participation de leur part à chaque étape de la vie du livre,

et surtout, un modèle associatif (du moins pour nos premières années d’existence), qui fédérerait des bénévoles ayant envie de s’investir dans un projet ambitieux et différent de ce qui se pratique ailleurs.

 

Même si nos prétentions sont encore modestes aujourd’hui, notre travail est extrêmement rigoureux et chaque étape de la publication est assurée par des professionnels de l’édition, tant sur les plans administratif et comptable, qu’éditorial et créatif.


Quelle approche as-tu du rapport auteur-éditeur ?

 

C’est un rapport assez passionnel dans certains cas… :)

Les auteurs qui ne connaissent rien à l’origine du milieu de l’édition ont parfois des attentes ou des rêves irréalistes, incompatibles avec ce qu’il est raisonnable et honnête de leur promettre. Ils oublient aussi parfois que faire tourner une maison n’est pas de tout repos.

Il est important de les soutenir dans leur désir de rencontrer leurs lecteurs, tout en nous assurant qu’ils gardent les pieds sur terre et apprennent peu à peu à professionnaliser leur relation avec l’édition et ses défis.

C’est pourquoi nous les « formons », à l’aide de tutoriels spécialement conçus pour leur ouvrir les coulisses du métier, ce qui leur donne une meilleure maîtrise des événements et renforce les liens qui nous unissent.

La pédagogie est au cœur de notre fonctionnement chez EHJ, car elle est à terme un moyen pour toute l’équipe, auteurs inclus, d’aller plus loin ensemble.

De façon générale, il s’agit d’une relation souvent épuisante, mais avant tout passionnante. ^_^


Tu es également écrivain, en binôme avec Sébastien Cerise, qui est aussi le cofondateur de votre maison d’édition (voir les œuvres de M.I.A.). Penses-tu que cette activité créatrice a un effet direct sur ton travail d’éditeur ?

 

Oui, bien sûr.

Cela nous permet d’avoir les pieds des deux côtés de la barrière et de parler un langage que les auteurs de la maison peuvent entendre.

Nous connaissons leurs attentes, leurs craintes, leurs espoirs et aussi leurs déceptions.

Nous savons à quel point l’activité d’écriture peut être riche en émotions, bonnes ou mauvaises, et je pense qu’il est plus simple pour nous de trouver les bonnes approches pour communiquer efficacement, tout en essayant de leur transmettre notre propre énergie créative.


Que penses-tu de l’offre exponentielle de livres par le biais de l’auto-édition ? Trop d’offres ne tuent-elles pas l’offre ?

 

Disons que c’est l’offre de qualité moyenne ou mauvaise qui pose problème, car elle impose aux lecteurs le travail de tri, qui peut devenir épuisant quand trop de livres sont ajoutés chez les distributeurs à longueur de temps, sans aucune distinction.

Le gros souci aujourd’hui est que l’auto-publication (par laquelle nous avons lancé nos publications de fiction pour M.I.A, à l’origine, donc je ne renie absolument pas ses avantages !) fait croire à tout le monde que chaque individu est un auteur en puissance (comme la télévision peut faire croire à chacun qu’il est une future star qui s’ignore de la chanson).

Or, c’est faux. Si c’était le cas, 100 % des textes que nous recevons en comité de lecture seraient quasi prêts à être publiés, ce qui n’est pas du tout le cas. 90 % des textes qui nous parviennent sont bourrés de fautes, incohérents, pas terminés, mal construits, etc.

Tout le monde n’est pas capable d’écrire (et de préparer intégralement sur le plan technique) un ouvrage destiné à un public extérieur, c’est un fait. L’absence de contrôle des distributeurs quant à la qualité d’un texte est donc le vrai problème.

Par contre, le principe même qui permet à un véritable auteur de prendre en main la destinée de son travail est une immense avancée, car il redéfinit le champ des possibles.


Vos œuvres font-elles l’objet de traductions ou d’adaptations audiovisuelles ?

 

Celles de M.I.A, oui. Nos romans sont progressivement traduits en anglais par un traducteur indépendant qui travaille avec nous depuis 2012. Nous avons également vendu une option d’adaptation TV aux USA pour « Rémoras ».

Chez EHJ, l’un de nos titres a également retenu l’attention d’un de nos homologues en Espagne et le livre est sorti en espagnol début mars (« L’homme qui voulait rester dans son coin », de Manou Fuentes).

Nous avons aussi vendu une option d’adaptation TV aux USA pour « Le journal d’un proctologue », d’Hervé Heurtebise.


Acceptez-vous toujours de nouveaux auteurs ? Quel est votre planning pour l’année à venir ?

 

Nous faisons rentrer très peu de nouvelles personnes, désormais, nos auteurs déjà publiés ayant la priorité pour nous soumettre de nouveaux textes.

Nous procédons dorénavant par appel à textes, une à deux fois par an, afin de découvrir les nouveaux auteurs qui rejoindront l’équipe.

Notre planning éditorial est complet jusqu’au premier semestre 2017. Nous n’aurions jamais imaginé pareil résultat il y a trois ans ! :)

 

 


Index 1

http://www.editionshelenejacob.com/

 

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Date de dernière mise à jour : 05/07/2016