Interviews autour de "La 3e guerre"


INTERVIEW D'EX-AGENT SPECIAL...

Stéphane Valente, ex-agent ayant accepté de m'apporter son concours à l'écriture de « La 3e guerre »,
a bien voulu répondre à cette petite interview, qui permet de mieux comprendre qui il est,
et en quoi il a contribué à rendre cette fiction la plus réaliste possible.



 

 

Acceptez-vous de répondre à quelques questions concernant votre collaboration à l'écriture de ce livre ?

Oui, parce que la demande vient de Stéphanie, sans quoi, je déteste répondre aux questions concernant cette période de ma vie et n’aurais pas accepté l’interview.


Pouvez-vous nous résumer votre parcours en tant qu'ex-homme d'action (soldat d'élite, garde du corps, et agent) ?

Avec l’autorisation parentale dûment signée, j’ai intégré les troupes d’élite de l’infanterie par anticipation, à 17 ans. Après plusieurs spécialisations, notamment dans les explosifs, j’ai été détaché auprès d’un service action chargé des opérations spéciales. Parallèlement et presque « curieusement », j’ai intégré la société référence de protection rapprochée de l’époque : K.O. International Paris par son antenne basée en Suisse. De là, j’ai enchaîné un nombre incalculable de missions de protection sur différents théâtres d’opération, en Suisse et à l’étranger, pour des diplomates, des hommes d’affaires, quelques vedettes du Show Business, jusqu’à la protection de Ministres en fonction et, pour clôturer 11 ans de carrière, un Chef d’État.

De là, nous avons travaillé avec, le plus souvent contre d’ailleurs, plusieurs services de sécurité et / ou de renseignements étrangers. Dont mes frères d’arme de la D.I.G.O.S. (services secrets italiens), que Stéphanie a rencontrés pendant l’écriture. Elle a pu mesurer ce que la notion de « frère d’arme » peut signifier concrètement. Ce lien invisible et pourtant quasi tangible qui nous lie. D’ailleurs on retrouve dans le livre la force de ce lien entre Charles et Aten… Pour celles et ceux que mon parcours intéresserait plus avant, libre à Stéphanie de publier le lien vers mon livre.


(Stéphane Valente a signé une autobiographie sortie en 2006, et intitulée « Confessions d'un garde du corps et agent secret »)


Qu'avez-vous conservé de cette période, d'un point de vue personnel, psychologique, émotionnel (en bon ou en mauvais) ?

Une amitié fraternelle avec mes frères d’armes qui sont encore en vie. Les autres sont partis trop jeunes et trop souvent de mort violente, il m’en reste leur souvenir. Nous partagerons quelques verres lorsque la vie me rappellera, comme elle les a rappelés. Psychologiquement, il est parfois difficile de se retourner et réaliser que tout n’était pas « blanc bleu ». Il y a eu des longues nuits d’insomnie, des contrecoups, lourds parfois, qu’il aura fallu assumer des années durant. Et une chose ne disparaît jamais : l’addiction à l’adrénaline.


Quel a été votre apport exact dans ce livre et de quelle façon y avez-vous contribué ? Par de longues séances de travail, en répondant à des demandes ponctuelles ?...

Consultant technique ponctuel. Stéphanie souhaitait donner une véritable psychologie à ces hommes d’action qu’elle décrit si bien, loin des sempiternels clichés : sans peur et sans reproche. Des conseils sur les armements, sur l’informatique, des conseils sur quelques scènes d’action, sur les couvertures… Et aussi, comment la Caste réunit Mehdi et Roissi à Jérusalem… Rigolant


Étiez-vous déjà conscient, au moment de son écriture, de tout ce qui est dénoncé dans ce roman ? Aviez-vous ce type de recul lorsque vous étiez agent ?

Pas du tout, j’ai réalisé au fur et à mesure de la lecture le schéma qu’il dénonce. Car lorsque l’on synthétise des informations éparpillées, tout prend sens. Le mot qui qualifie le mieux l’effet qu’il a produit sur ma prise de conscience : édifiant. Lorsque l’on est actif, on ne voit pas l’ensemble, on participe à des actions tactiques ponctuelles. La stratégie qui s’en dégage globalement, n’est pas du ressort d’un agent. On prend le fric là où il est pour parler cru. Les questions sont là pour les politiques qui décident…Le contrecoup arrive plus tard… Il faut du temps et beaucoup de recul pour comprendre que les actions tactiques menées visaient un objectif plus large.


Y a-t-il un ou plusieurs personnages dont vous vous sentiez proche dans ce livre, que ce soit au niveau du caractère, ou de l'expérience ?

Charles, Aten sous certains aspects, car il me reste des séquelles du compartimentage des émotions… Les civils restent encore, aujourd’hui, des civils à mes yeux et parfois, ils ont le don de m’énerver au plus haut point. Là où, dans le « milieu », on réglerait les choses à l’aide d’une bonne paire de baffes, yeux dans les yeux, dans le monde civil… c’est plus complexe… faut respecter les usages et les mœurs.


« Stéphanie Aten qui écrit », ça ressemble à quoi ?

A Yoda, en plus charmant tout de même… plus sérieusement, à quelqu’un qui ne lâche rien, revient 100 fois sur les passages, les corrige, les améliore, se remet en question car… je vais vous livrer un secret… Stéphanie n’écrit pas, elle vit ce qu’elle écrit. Et c’est bien là toute la différence entre elle et d’autres auteurs.


Avez-vous essayé de la dissuader d'écrire ce livre ? En avez-vous parlé avant ?

Non, au contraire… je l’ai encouragée et soutenue dans sa démarche. Elle se devait de synthétiser un ensemble de données qui, éparpillées, sont peu lisibles, mais une fois agencées, dévoilent un schéma très clair. A mon sens, au-delà de ses nombreuses qualités, ce roman se devait de prendre forme et d’être distribué au plus grand nombre. Ce livre est une nécessité pour enfin prendre conscience que derrière le paravent d’une sorte de chaos, il existe un dessin précis.


Lui avez-vous fait des recommandations particulières quant au contenu ? Des choses à ne pas dire, ou à dire d'une certaine façon ?

Oui, pour certaines allusions à des entités existantes, je lui ai conseillé de modifier quelques noms.


Que pensez-vous du produit fini ? Le trouvez-vous réaliste et cohérent, proche des coulisses que vous avez fréquentées ?

Son écriture est fluide. Je l’ai lu à plusieurs reprises, sous divers format. Le livre est une totale réussite, vous l’ouvrez et le lisez sans faim. Même après plusieurs lectures, j’ai pris un plaisir énorme à le relire. Réaliste, oui. L’Humanité peut s’améliorer et sortir du schéma voulu par quelques élites qui ne disposent comme seule qualité humaine : la cupidité. Proche des coulisses, Stéphanie est parfois en deçà de la réalité. La Vérité est parfois plus laide encore.


Si vous avez d'autres questions ou souhaitez des précisions, laissez vos commentaires ci-dessous.


 

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Date de dernière mise à jour : 05/07/2016